Pas un poème. Juste un mal être vomi sur papier sans prétention littéraire. Un simple exutoire brut pour ne pas sombrer...
"Je suis un fantôme. Enfin presque… Pas vraiment vivant, mais pas tout à fait mort. Ma carcasse est là. Elle boit, elle s’alimente, elle se vide… Et pourtant je suis une ombre. Un spectre qui se plait à inviter d’autres fantômes dans une danse macabre endiablée pour exhumer des miettes de joie éparpillées dans un tombeau à passions caché bien au fond de mon cœur sclérosé.
Dans ces moments là, l’être vivant qui est en moi se réveille. Il réalise qu’il peut ressentir des choses et partir loin avec ces fantômes qui continuent de faire battre – occasionnellement – un cœur qui n’a plus que le passé pour trouver la force de continuer à insuffler un semblant de vie à cette âme perdue.
A bientôt 30 ans, ce cœur a atteint son quota. Il est désormais possédé par ses fantômes et n’est plus en état ni de délivrer, ni de recevoir une quelconque joie d’un être vivant. Alors il danse, il joue, il s’accroche en se rappelant, en fouillant les souvenirs, en caressant les espoirs perdus, les joies éphémères, la tendresse oubliée… Puis il réalise que ces fantômes ne sont plus que chimères et illusions… Des traces d’un passé tellement intense qu’elles ont marqué à vif un cœur malade. Il saigne… Il saigne de la rancœur, des regrets, des remords. Il saigne de ces amours passés qui le balafrent et qu’aucun onguent ne peut apaiser… Parfois, il croit être en état de recevoir et de donner. Il s’accroche, se raccroche à des mots, des caresses, des attentions… Il y croit. Au lieu de le quitter, le sang semble à nouveau l’irriguer. Il aime. Je revis. Je l’aime. Elle ne m’aime pas. Ou elle s’en persuade… Il aime toujours. Je redeviens fantôme. Elle est comme mon coeur : une handicapée de l’amour, un spectre qui a peur de la vie… Comme si elle ne la méritait pas. Comme si elle ne méritait pas d’aimer et d’être aimée… Elle se cache, se nie, s’oublie… Elle rejoint ma troupe de fantômes tandis que mon cœur tente de l’enterrer profondément au fond de son cercueil à passion. De temps en temps, tel un nécrophile, il exhumera ces cadavres pour jouer avec leurs fantômes. Du sang vicié irriguera ses artères, plaisir atrocement fabuleux qui l’enfoncera toujours plus dans les méandres du passé, tarissant en même temps les espoirs présents et futurs. La vie continuera à quitter son corps tandis que le sang infecté empoisonnera les derniers espoirs. La mort aura gagné. La mort a gagné. Je suis un fantôme. Mon cercueil à passions est plein. Seule toi peut encore me sauver. Exorcise mes fantômes. Donne leur la paix éternelle. Donne moi la paix éternelle. Fais moi revivre tel un vampire à qui l’on ôte le pieu qui torture son cœur. Continue le travail que tu avais commencé. Ton entreprise de résurrection – bien qu’à peine entamée - était un bonheur. Du sang nouveau et sain me redonnait vie. S’il te plait, ne taris pas mes derniers espoirs de résurrection. Ne rejoins pas le cercueil à passions. Les autres je les aimais, toi je t’aime. Reviens…
"